Brooklyn

Par admin-coraline 9 mois avant


Je me souviens que j’ai pris contact avec Jennifer pour une grande ponette mignonne comme tout, porteuse, maîtresse d’école pour apprendre les bases de l’équitation à mon mari et tenir compagnie à ma pouliche.

Le jour de la visite, mon mari qui me dit avec tout le tact dont il peut faire preuve : « Ah non, je n’en veux pas de ce truc », se tourne vers Jennifer, et lui demande : « je peux faire le tour des chevaux? ».

Et là coup de foudre pour lui sur un cheval alezan, type selle français d’1m67, qui semble tellement calme comme ça, c’est le Brooklyn. Bon bah, ok, on va faire un tour avec, petit trot en main, pas de souci, il paraît respectueux et bien dans sa tête, pourquoi pas.

Dans son ancienne vie, Mister Brook était médiateur aux écuries de l’association pégase. C’est un centre équestre qui permet à des personnes en situation de handicap de pratiquer l’équitation. Mais il a eu un accident et suite à ça, refus d’accepter qui que ce soit sur son dos. Grâce aux Dorey’s et les professionnels intervenant à l’association, Brooklyn a pu aller mieux mais n’a pas pu retourner au centre.

C’est bon pour moi, j’accepte de le remettre au travail, de lui donner la vie qu’il mérite avec des copains, des câlins, de l’amour. Le contrat d’adoption est signé et le Loulou nous rejoint rapidement.

Dès son arrivée, il fait la rencontre de la jeune Electra, ma pouliche croisée trotteur. Le feeling passe directement entre les deux. Tant mieux car c’est ce qu’il fallait. Après une petite semaine tranquille d’adaptation, découverte des lieux, de sa nouvelle famille, je commence à travailler avec lui. Alors autant à l’association, il paraissait calme, autant là, c’est le stress pour lui. Il se cabre dans le manège, galope dans tous les sens et me charge. Je sors du manège, il s’appuie sur les parois et semble avoir un tic à l’appui. Bon ok, le Loulou semble quand même plus traumatisé que ce que je pensais. Appuyé sur la porte du manège, j’arrive à remettre la longe et décide de le balader en main. Le pépère redevient tranquille, il garde les bonnes distances, il à l’air d’apprécier la promenade dans la campagne. Je comprends qu’il associe le manège à quelque chose de négatif, peut-être que le lieu ressemble à celui où il a eu son accident. Pauvre Brook, je ne sais pas ce que tu as vécu exactement, mais ça n’a pas dû être drôle tous les jours.

Je ne blâme personne, bien au contraire. C’est super qu’il existe des centres de médiations avec des chevaux. Mais comme dans tous les centres équestres, les chevaux sont montés par différents cavaliers et pour beaucoup, des débutants. Moi même, j’ai fait bien des erreurs avec des chevaux de club. Je m’en rends compte aujourd’hui que je suis proprio.

Avec de la patience, du travail et tout l’amour à ma disposition, je lui montre qu’il peut avoir confiance. Il comprend vite qu’avec nous, il ne risque rien, il est formidable!
En moins de deux mois, Brooklyn (re)devient un cheval bien dans ses sabots! Pourquoi pas faire une balade sans mors? Et nous voilà, partis. Ce fût une balade mémorable, Brook à l’écoute, décontracté, en toute confiance. Nous avons fait un galop à travers champs. Magnifique!

Par la suite, mon mari le monte , ils progressent ensemble. Brooklyn s’attache à son nouveau cavalier. Malheureusement, mon mari apprécie moins l’équitation. J’ai ma pouliche à débourrer, le travail à continuer avec Brook et différentes obligations en-dehors de l’équitation. Ce n’est plus possible pour moi, ça me charge beaucoup et tout ce que je fais n’est pas optimal, le travail est irrégulier pour les deux et c’est important qu’il soit effectué tous les jours vu qu’ils vivent en box. Je change alors de pension et opte pour une au pré l’été et stabulation l’hiver.
C’est top! Qu’est-ce que c’est beau de les voir tous les deux en liberté! En plus, il y a des pentes naturelles, idéal pour les muscler sans trop d’effort. Je les travaille chacun leur tour un jour sur deux. Nous faisons des balades, un peu de saut, nous essayons des jeux en liberté mais ce n’est pas ce qu’il préfère. Ce n’est pas grave, l’important est qu’il se sente bien.
Brooklyn va avoir 18ans, il est encore en pleine forme. Je pense que si vous lui demandez, il aime sa nouvelle vie faite de balades, de tranquillité et de beaucoup d’amour. Il vit avec ses congénères en liberté sans pression, une vie de cheval presque comme ses ancêtres sauvages.

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